Le verdict des urnes est tombé. Le duel attendu aura bien lieu. François Hollande, remplaçant rappelé du banc au Carton rouge de DSK, face à Nicolas Sarkozy, candidat à sa propre succession.
Cette rencontre au sommet aura un arbitre de taille. Marine Lepen. 18% d’intention de vote. Le premier réflexe serait de penser que les voix d’extrême droite transiteraient automatiquement vers la droite.
Mais rien n’est moins sur. Marine Lepen, si elle a conservé le discours social sur l’immigration et l’islam (sous une couche de maquillage), a complètement révolutionné la doctrine économique de son parti. La fille a troqué l’ultra-libéralisme du père pour un idéal économique souverainiste et nationaliste – inspiré dans une certaine mesure du communisme – avec sortie de l’euro et consort.
Aussi, Marine Lepen n’a eu de cesse de taper sur l’UMP, et le bilan de Sarkozy qu’elle juge catastrophique.
Elle donnera ses consignes de vote le 1er mai. Mais, à moins d’appeler à voter Jeanne d’Arc, il y a des chances pour qu’elle se pose en faveur du vote blanc ou de l’abstention.
On imagine mal un parti crier au complot UMPS pour ensuite prendre position pour l’un ou pour l’autre.
Mais en off, la donne est bien différente…
A moins que la dynamique s’inverse, Hollande a de très fortes chances d’être le prochain président de la république. Et je mettrais ma main à couper qu’au FN, on brulerait presque un cierge en priant pour que cela arrive.
Pourquoi, me direz-vous. Et bien pour faire exploser l’UMP et « se poser comme chef de l’opposition », comme Lepen l’a formulé juste après les résultats du premier tour.
Déjà très divisé, à l’image du PS en 2007, l’UMP, s’il échoue le 6 mai, s’en retrouverait très affaibli. Beaucoup d’observateurs parient sur sa dissolution pure et simple. Quoi qu’il en soit l’UMP aura du mal à s’en remettre s’il se prend une vague rose en pleine face.
Et c’est la que le « Nouveau FN » entre en jeu.
Après avoir mené une campagne réussie de dédiabolisation, le Front National s’apprête à se mettre une nouvelle couche de maquillage.
Louis Alliot, compagnon de Marine Lepen, l’a annoncé lundi au « Grand Journal », le FN sera très certainement amené à changer de nom afin de pouvoir s’associer à divers parti nationaliste qui ne se souhaite pas s’allier avec le « FN » et ce que cela représente dans l’imaginaire collectif.
En recoupant les déclaration du couple Lepen, on peut deviner que le futur ex-FN mise sur un gadin d’ampleur pour Sarkozy et sa clique afin de devenir non plus l’extreme droite mais tout simplement LA DROITE. C’est d’ailleurs ce que disait Gilbert Collard, soutien numéro 1 du parti : « Nous sommes la nouvelle droite ».
Ainsi, pour toute les prochaines élections, le camp frontiste serait beaucoup plus à même d’obtenir des postes à responsabilité.
Rappelons également que même s’il possède un fort capital sympathie, Hollande – s’il est élu président le 6 mai – se retrouvera face à un défi sans précédent. Redresser un pays au bord du précipice budgétaire. Aucun des candidats (si ce n’est Bayrou) n’a réellement parlé de la crise en terme contractuel ; surtout pas de sa gravité. Et le prochain président, quel qu’il soit , devra être d’une vigilance de tous les instants pour ne pas tomber.
Ainsi comme il y a eu « L’Antisarkozysme », si la gauche ne se montre pas très vite efficace, « l’Antihollandisme » pourrait se développer. C’était il y a quelques mois, un peu ce qu’espérait la droite Copé, qui s’imagine déjà en tête de file pour les prochaines présidentielles de 2017 face à une gauche à jamais anéantie après un quinquennat difficile.
Bien sur, ce ne sont que des plans, rêvés par des responsables politique et leurs consultants. Cependant, ce n’est pas irréaliste. Si la gauche se montre incapable de redresser le pays – et si l’UMP implose ou faiblit suite à la présidentielle ratée de Sarkozy. La nouvelle présidente de la république pourrait bien s’appeler… Marine Lepen. Et avant cela, nombre d’élection intermédiaire pourrait revenir à ce nouveau parti.
Et si Sarkozy gagne, me direz-vous ? Ce serait moins bien, mais là, c’est à l’inverse le PS qui ne s’en relèverait pas.
Pour finir, je tiens à préciser que ce ne sont que plans et calculs politiques ; sur du long terme. Mais il est difficile de lire l’avenir avec précision et beaucoup d’inconnues reste en jeu. Le second tour n’a pas encore eu lieu, le futur président n’a pour l’instant ni réussi ni échoué, et quid de Mélenchon – qui certes s’est pris une tôle mais a réussi l’exploit de ressusciter la gauche radicale en passant de 3 à 11%.
J’ai peut être tort mais un conseil – gardez bien en tête ce que je vous dit – cela pourrait être pas mal comme grille de lecture pour comprendre les futurs agissements du FN.
Mathieu Hoarau.




Espérons que la donne changera pour un monde *vraiment* meilleur avant 2017. Et espérons que l’histoire ne soit pas réécrit, car elle sert à ne pas faire les mêmes bêtises.