L’importance des films et de la lecture à l’ère d’Internet

Il y a quelques temps, une amie m’a dit qu’une étude avait montré que l’utilisation importante d’Internet réduisait la capacité de concentration. Je n’ai pas relevé sur le coup car la stigmatisation d’Internet est monnaie courante aujourd’hui. C’est d’ailleurs en partie pour cela que notre cher gouvernement nous pond des HADOPI et des LOPPSI.
Et puis j’y ai repensé. J’utilise Google Reader avec une multitude de flux RSS et, très récemment, Twitter. La quantité d’informations engloutie à la journée est très importante, et me parait impensable pour quelqu’un qui n’était pas un professionnel de la presse avant l’avènement du web et des blogs. Google Reader m’informe que sur les 30 derniers jours, j’ai lu plus de 3200 éléments, soit un peu plus d’une centaine par jour. Bien sûr, sur ces éléments, tous ne sont pas des « informations » au sens propre, puisque cela comprend également le flux de VDM, les images de Fubiz, etc. Quant à Twitter, c’est encore plus flagrant. Les tweets fusent à une vitesse incroyable, et je ne lis pas tout sous peine d’y passer la journée entière.

Alors certes la quantité est très importante, mais intéressons nous davantage à la manière de traiter ces informations. De nombreux articles ou billets contiennent des vidéos ou de longs textes. Ce sont des lectures/visionnages qui prennent du temps ; temps qu’il est souvent difficile de s’accorder. De fait, dans la majorité des cas, je survole ces informations : titre, intro, mots en gras, etc. Sauf bien sûr pour les sujets qui m’intéressent réellement, j’approfondis. Ainsi, tel un roi de la télécommande qui passe sa vie à zapper affalé sur son canap’, je passe d’une info à l’autre : de l’article geek du moment au billet politique. J’absorbe l’essentiel, rapidement, oubliant le reste, quitte à y revenir si nécessaire.
C’est là que se pose la question citée en introduction : cela n’affecterait-il pas ma capacité de concentration ? De toute évidence, si. La maître zappeur, grand cavalier de la lecture en diagonale que je suis ne peut pas le nier. Sur Internet, les informations sont variées et arrivent en continu. L’esprit est donc occupé à 20 tâches différentes. Il n’y a qu’à voir le nombre d’onglets de mon navigateur ouvert, ça donne une idée – c’est rare qu’il y en ai moins de 15. Je n’ai pas de statistiques exactes, mais je pense qu’en moyenne, je reste autour de 30 secondes à peine sur la même page. Or, le cerveau s’habitue à ce mode de fonctionnement. Il zappe toujours, même lorsqu’il faut se concentrer sur une seule et même tâche pendant une longue durée.
Et ça, c’est mauvais. Notamment dans la sphère professionnelle, où il s’agit d’une qualité essentielle sinon indispensable. La solution est simple : contrebalancer cette tendance. Il est donc nécessaire de focaliser son attention et sa concentration sur quelque chose pendant un période suffisamment longue. Et c’est là qu’interviennent deux grands arts : le cinéma et la littérature. Capables de capter notre attention, les livres et les films sont un excellent remède à ces pertes de concentration.D’autant qu’il n’est pas nécessaire de rappeler qu’ils cultivent l’ouverture d’esprit. Qualité essentielle, en perdition.
N’hésitez donc pas à prendre une heure ou deux régulièrement pour lire un Zola ou regarder un Apocalypse Now. Bien sur, si vous préférez le jardinage ou le modélisme, pourquoi pas.

Le débat est ouvert.





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