Art Coffee

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Voyez-vous, l’autre jour, j’étais à la terrasse d’un joli café dans le 5ème arrondissement. C’était une de ces après-midi ensoleillées qu’offre encore parfois l’été dans son agonie. Ne vous en faites pas pour lui, il devrait se rétablir d’ici neuf mois. Toujours est-il qu’en délectant ce chaud liquide noir qui m’avait couté deux balles, je me suis souvenu. Souvenu du grand, de l’immense, du génie de Delille, Jaques Delille. Comment, vous ne connaissez point cet illustre personnage ?

Voilà ce qui selon moi, place sa grandeur sur ce piédestal :

Il est une liqueur, au poëte plus chère,
Qui manquait à Virgile, et qu’adorait Voltaire ;
C’est toi, divin café, dont l’aimable liqueur
Sans altérer la tête épanouit le coeur.
Aussi, quand mon palais est émoussé par l’âge,
Avec plaisir encor je goûte ton breuvage.
Que j’aime à préparer ton nectar précieux !
Nul n’usurpe chez moi ce soin délicieux.
Sur le réchaud brûlant moi seul tournant ta graine,
A l’or de ta couleur fais succéder l’ébène ;
Moi seul contre la noix, qu’arment ses dents de fer,
Je fais, en le broyant, crier ton fruit amer,
Charmé de ton parfum, c’est moi seul qui dans l’onde
Infuse à mon foyer ta poussière féconde ;
Qui, tour à tour calmant, excitant tes bouillons,
Suis d’un oeil attentif tes légers tourbillons.
Enfin, de ta liqueur lentement reposée,
Dans le vase fumant la lie est déposée ;
Ma coupe, ton nectar, le miel américain,
Que du suc des roseaux exprima l’Africain,
Tout est prêt : du Japon l’émail reçoit tes ondes,
Et seul tu réunis les tributs des deux mondes.
Viens donc, divin nectar, viens donc, inspire-moi.
Je ne veux qu’un désert, mon Antigone et toi.
A peine j’ai senti ta vapeur odorante,
Soudain de ton climat la chaleur pénétrante
Réveille tous mes sens ; sans trouble, sans chaos,
Mes pensers plus nombreux accourent à grands flots.
Mon idée était triste, aride, dépouillée ;
Elle rit, elle sort richement habillée,
Et je crois, du génie éprouvant le réveil,
Boire dans chaque goutte un rayon du soleil.

Pas mal, non ?
La vérité, c’est que je ne connaissais pas Delille, et que c’est Garett qui m’a mailé ce poème étant donné mon adoration du café. L’important c’est que ça vous ai plu.

Sinon j’étais vraiment à la terrasse d’un café, et je ne sais pas pourquoi j’ai eu envie de prendre cette photo avec mon téléphone… Une illustration parfaite ! Café & Littérature, j’aurais pas trouvé mieux si je l’avais voulu !

22sept 2009

Auteur :

Futur ingé dans l'informatique, je travaille dans un grand groupe français en tant qu'apprenti. Récemment tombé amoureux de Lyon, je m'intéresse particulièrement aux domaines du web et de l'high-tech. Parfois, mes articles sont aussi l'exutoire des questions fondamentales qui me taraudent sur cette société qui ne tourne pas toujours rond. Je suis le webmaster et le co-fondateur d'aryo.fr.

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